Extrait du rapport de L'OCDE et de la Banque Africaine pour le Développement : "Perspectives économiques en Afrique", 2007

Extrait du rapport de L'OCDE et de la Banque Africaine pour le Développement : "Perspectives économiques en Afrique", 2007, concernant le secteur de l'eau (pp. 10-13 du rapport).

"Dans le secteur de l’énergie, en 2006, le pays a
connu des perturbations au niveau de la distribution
d’électricité et les Béninois ont fait face à de nombreuses
coupures de courant. L’électricité est importée du Ghana
et de la Côte d’Ivoire par la CEB (Communauté
électrique du Bénin) qui connaît des problèmes de
trésorerie. En plus de ces difficultés, depuis mai 2006
les fournisseurs ont réduit leur offre de 43 pour cent
en raison des faibles niveaux d’eau dans les principaux
barrages, de problèmes d’approvisionnement en gaz
en Côte d’Ivoire, et de l’impact négatif du
renchérissement du pétrole sur la production
d’électricité. Cependant, le projet d’intégration régionale
en Afrique de l’Ouest devrait améliorer la distribution
d’énergie avec la mise en place d’ici 2007 d’une ligne
électrique haute tension longeant la côte et reliant les
compagnies du Togo/Bénin, de la Côte d’Ivoire et du
Nigeria. Cette ligne pourrait devenir un véritable réseau
électrique régional d’ici 2020. Cette première phase
d’intégration sera également complétée par la
construction d’un gazoduc ouest-africain permettant
au Ghana, au Togo et au Bénin d’être approvisionnés
en gaz par le Nigeria.
Au niveau du climat des affaires, l’indice de
perception de la corruption 2006 de Transparency
International indique que le pays a régressé dans son
classement, passant de la 88e place (sur 159 pays en
2005) à la 121e place (sur 163 pays en 2006). La
promotion de la gouvernance est un des axes stratégiques
du DSRP (document de stratégie pour la réduction de
la pauvreté). En outre, le nouveau président a annoncé
qu’il faisait sa priorité de lutter contre la corruption et
la mauvaise gouvernance. Dans cette optique, de
nombreux audits financiers ont été effectués dans les
différents ministères et les administrations. Ils ont révélé
que la corruption était très étendue et ils ont été suivis
par des sanctions, lançant ainsi un signal fort de la
détermination des autorités à lutter contre ce fléau. En
2006, deux anciens directeurs et plusieurs employés de
sociétés publiques ont ainsi été arrêtés pour
détournement de fonds."

Accès à l’eau potable et à l’assainissement

"Les ressources en eau du Bénin sont importantes
mais inégalement réparties sur l’ensemble du territoire.
Elles se situent surtout au sud et le déficit touche
essentiellement le centre et le nord du pays. En effet,
le Bénin enregistre une pluviométrie moyenne annuelle
de 800 millimètres au nord et de 1 500 millimètres au
sud. Le potentiel des cours d’eau ainsi que les lacs et
lagunes qui constituent des réservoirs importants se
trouvent surtout au sud. Quant aux eaux souterraines,
le bassin sédimentaire côtier, qui représente 10 pour cent
de la superficie totale du pays, détient environ 32 pour
cent des réserves potentielles.
Le niveau d’exploitation des ressources est encore
faible et la mobilisation des eaux souterraines, dans la
zone du socle où les débits des forages sont faibles, est
difficile. Au total, une forte pression s’exerce sur les
ressources exploitées en eau tant en milieu urbain qu’en
milieu rural.
Le secteur de l’eau est sous la tutelle du ministère
des Mines, de l’Énergie et de l’Hydraulique. En zone
urbaine, la Soneb (Société nationale des eaux du Bénin)
est une entreprise publique autonome, chargée de
l’alimentation en eau potable. En zone rurale, il s’agit
de la DGH (Direction générale de l’Hydraulique),
mais cette dernière s’occupe surtout des projets
d’infrastructures puisque la gestion est à la charge des
municipalités et des associations de consommateurs.
Dans le secteur de l’assainissement, aussi bien en milieu
urbain que rural, la DHAB (Direction de l’hygiène et
de l’assainissement de base), sous tutelle du ministère
de la Santé, se partage la responsabilité du secteur avec
la Soneb, les communautés ainsi que certains
départements du ministère de l’Environnement, de
l’Habitat et de l’Urbanisme, et du ministère des Travaux
publics et des Transport. Les autorités du Bénin sont
réticentes à privatiser le secteur de l’eau car elles le
considèrent comme étant certes un secteur marchand
mais surtout d’utilité publique. Les impératifs d’ordre
social ont pris le pas sur les considérations de rentabilité
purement financière du secteur.
Les chiffres de 2004 donnent un taux de couverture
de 48 pour cent de la population totale pour l’accès à
l’eau potable (37 pour cent en 1990) et de 40 pour cent
pour l’accès à l’assainissement (14 pour cent en 1990).
Ainsi, la cible des OMD pourrait être atteinte d’ici
2015 si les flux financiers actuels se poursuivent et que
le pays continue à augmenter ses taux de couverture
selon la tendance actuelle. Il s’agirait d’atteindre le
chiffre de 68 pour cent de la population pour l’accès
à l’eau potable et de 51 pour cent pour l’assainissement
d’ici 2015. Les besoins de financement pour cette
réalisation sont estimés à 26.8 millions de dollars par
an dans le secteur de l’eau et à 18.7 millions de dollars
par an pour l’assainissement. D’importants progrès
ont notamment été effectués en milieu rural pour l’accès
à l’assainissement et, dans une moindre mesure, pour
l’accès à l’eau. En effet, alors que 2 pour cent de la
population rurale avaient accès à l’assainissement en
1990, le taux a atteint 19 pour cent en 2004. Pour l’eau,
il est passé de 35 pour cent en 1990 à 41 pour cent en
2004. Néanmoins, dans beaucoup de villages, les
habitants s’approvisionnent encore à partir d’eaux de
surface polluées.
En 2004, le taux d’accès de la population urbaine
à l’eau potable était estimé à 57 pour cent. Cependant,
la consommation en eau potable des populations se
concentre dans les quatre grandes villes du pays
(Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey/Bohicon) qui
utilisent à elles seules environ 80 pour cent de l’eau
distribuée en milieu urbain. Dans les autres villes, le
taux de desserte des populations est encore assez bas,
bien que variable selon les localités, et beaucoup de
citadins ont recours aux sources alternatives
d’approvisionnement en eau (puits, rivières, marigots,
citernes).
Dans le secteur de l’assainissement, la situation est
plus critique. Le taux d’évacuation des eaux usées est
estimé à 0.2 pour cent pour l’ensemble du pays.
Autrement dit, l’assainissement autonome est le mode
le plus répandu pour les eaux usées. Cependant, les eaux
rejetées dans la nature polluent l’environnement et les
nappes phréatiques et elles constituent des gîtes larvaires
de moustiques et d’autres vecteurs de maladies. La
situation est surtout préoccupante à Cotonou compte
tenu de la forte densité de population, de la nature
très hydromorphe du sol et de la faible profondeur de
la nappe phréatique (de 0.5 à 3 mètres du sol). Quant
à la gestion des excreta, la situation est très difficile,
surtout dans les villes secondaires. Seules les principales
villes (Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, Parakou,
etc.) disposent d’un réseau d’égouts et affichent un
taux de couverture supérieur à 60 pour cent. De façon
général, le taux d’accès à un dispositif adéquat
d’évacuation des excreta était estimé à 32.1 pour cent
en 2001 (61.6 pour cent en milieu urbain et 14 pour
cent en milieu rural).
Dans les petites villes et en milieu rural, une stratégie
nationale a été mise en place dès les années 1990.
L’essentiel des interventions s’inscrit dans le cadre du
Programme d’assistance au développement du secteur
de l’alimentation en eau et de l’assainissement en milieu
Rural (PADEAR). Ce programme bénéficie de l’appui
de plusieurs bailleurs de fonds qui constitueront
certainement la principale source de financement dans
les années à venir.
Au niveau national, les diverses institutions en
charge du suivi, de l’exploitation, de la protection des
ressources, de la distribution et de la prévention des
risques liés à l’eau, n’ont pas toujours collaboré
suffisamment entre elles. Ainsi, les politiques et les
stratégies sous-sectorielles n’ont pas eu de cohérence
d’ensemble. Récemment, le pays s’est engagé dans un
ambitieux processus de réformes dans le cadre de la
GIRE (Gestion intégrée des ressources en eau). La
GIRE comprend la mise à jour du code de l’eau, la
création d’une unité de coordination du secteur ainsi
que du Conseil supérieur de l’eau, chargé de rédiger la
stratégie nationale du secteur et d’établir quatre agences
intercommunales, réparties sur l’étendue du territoire.
Auparavant, le Bénin disposait d’une série de textes
relatifs à la gestion du secteur de l’eau et de
l’assainissement qui souvent ne répondait plus à la
réalité. Par exemple, le code de l’eau avait été promulgué
par une loi de septembre 1987 mais n’avait jamais eu
de décrets d’application. Ainsi, la vaste réforme récente
des textes relatifs à l’eau devrait prendre en compte les
questions liées, la décentralisation et la déconcentration,
la gestion intégrée des ressources, les procédures de
passation de marchés et le renforcement du rôle des
femmes et du secteur privé.
Les contraintes les plus importantes au
développement des secteurs de l’eau et de
l’assainissement comprennent le vieillissement des
systèmes d’eau potable, le volume grandissant des
travaux de réhabilitation à effectuer, et surtout les coûts
élevés des équipements d’eau et d’assainissement. De
plus, la lourdeur des procédures d’acquisitions de biens,
travaux et services sont un véritable goulot
d’étranglement pour la mise en oeuvre des projets. Un
des défis les plus important en milieu urbain est la
facturation et le financement de la Soneb. Le système
tarifaire appliqué à la consommation d’eau n’est pas
approprié car les prix de vente pratiqués ne couvrent
pas les coûts réels de production et de distribution. Il
repose sur une péréquation nationale qui permet
d’assurer la continuité de l’approvisionnement en eau
potable dans les petites localités, avec deux tranches
tarifaires. La mise en place d’une tarification économique
paraît indispensable pour assurer la viabilité économique
de la gestion de la Soneb."

L'intégralité du rapport est disponible en pièce jointe.

Le rapport est consultable en ligne sur : http://www.oecd.org/dataoecd/40/54/38582304.pdf

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