Maroc: Le groupe Véolia Maroc s'ouvre sur les capitaux nationaux
Tahar Abou Ei FARAH
8 Octobre 2006
Redal, Amendis, Hydrolia, Amanor, vont bientôt disparaître. Elles seront regroupées sous une seule enseigne. "D'ici le début de l'année 2007, les sociétés du groupe devraient toutes s'afficher sous les couleurs de Véolia Environnement", explique Olivier Dietsch directeur général de Véolia au Maroc.
Une seule entreprise,Véolia-Maroc, quatre branches : énergie, eau, propreté et transport public. Le géant mondial des métiers de proximité installé au Maroc depuis 2002 entame une mutation de ses filiales marocaines. La mesure aurait été suggérée par le gouvernement marocain, confie-t-on. Un nom comme "Véolia" est de loin plus "vendeur" lorsqu'on veut faire la promotion du Maroc auprès des investisseurs internationaux.
"Il incite à plus de confiance en le pays", laisse-t-on entendre. Véolia qui détient aujourd'hui 51% d'Amendis et la totalité des capitaux de Redal et des société Hydrolia et Amanor entend aller plus loin d'associer, à terme, les Marocains au groupe. L'objectif étant, affirme, Olivier Dietsch d'ouvrir le capital du groupe à hauteur de 49% aux investisseurs nationaux. Des négociations auraient déjà été entamées avec des institutionnels comme la CDG qui serait intéressée par l'acquisition de 9% du capital, mais aussi d'autres entreprises comme l'ONA.
Les responsables du groupe envisagent même une éventuelle introduction en bourse. Mais ce n'est pas pour bientôt, précise-t-on. Entre-temps, Véolia consolide sa présence au Maroc. Après les villes de Tanger, Tétouan, Rabat et Salé, le groupe lorgne le marché de distribution d'eau et de l'électricité et d'assainissement à Marrakech. La procédure de concession des services urbains de la ville ocre est lancée, l'appel d'offres devrait être rendu public dans un an. Le groupe entent, en outre, se positionner sur le secteur des transports urbain et de la propreté.
Il vise la concession du transport urbain à Rabat et la gestion déléguée de la décharge de Casablanca. Les deux filiales qu'il a créées dans la région Tanger-Tétouan, Hydrolia et Amanor, proposent déjà des interventions ponctuelles au profit des autres collectivités locales et de l'ONEP, notamment pour l'entretien des réseaux d'assainissement, de l'eau ou de l'électricité mais aussi de pose de canaux d'adduction d'eau potable pour l'Office.
Ces "offres à la carte" sont également destinées aux industriels qui se retrouvent aujourd'hui soumis à des contraintes réglementaires de plus en plus rigoureuses en matière de protection de l'environnement. En 5 années d'activité au Maroc le groupe se targue d'avoir réalisé un chiffre d'affaires au titre de l'année 2005 de 3,5 milliards de Dh. Il dessert 3,6 millions de personnes auxquelles il veut "proposer autre chose que de présenter une facture deconsommation" dit Olivier Dietsch. Et lui d'ajouter, "nous voulons faire plus et profiter de la dynamique de certaines régions". Le groupe qui a connu un démarrage difficile en 2002 affiche aujourd'hui une bonne santé. "Les réalisation de 2006 sont en ligne par rapport à nous perspectives", affirme le directeur général.
Autre objet de satisfaction, les comptes de la Redal, déficitaire lors de son acquisition, ont été redressés en trois ans. Mais à quel pri ? s'interroge-t-on. Des centaines de citoyens ont protesté devant les locaux de l'entreprise contre "la marchandisation de l'eau et de l'électricité". Les consommateurs disent avoir subi 5 augmentations de tarifs successives depuis la concession des services urbains.
Ils ont protesté contre la réduction de tranche sociale de la consommation de l'eau potable de 8 à 6 m3, contre la hausse des tarifs de raccordement au réseau et la liste est longue.
Consultable en ligne sur : http://fr.allafrica.com/stories/200610091185.html