Rapport Final de la Commission Européenne sur le Profil Environnemental du Mali, Mai 2006.
Données essentielles à la compréhension du fonctionnement du secteur de l'eau au Mali et de ses problématiques.
Les généralités et données utiles concernant le secteur de l'eau (et plus succinctement dans le secteur du traitement des déchets) au Mali présentées ci-dessous ont été tirées du rapport final de la Commission Européenne sur le Profil Environnemental du Mali, daté de Mai 2006 (disponible dans son intégralité en pièce jointe et sur
http://ec.europa.eu/development/icenter/repository/Mali_CEP_2006.pdf).
Chaque citation est suivie de sa référence afin de vous faciliter sa localisation, dans ce même rapport.
Abréviations utiles :
ABFN Agence du Bassin du Fleuve Niger
ABN Agence du Bassin du Niger
ACP Afrique Caraïbe Pacifique
ADERE Appui au Développement Régional
AEP Alimentation (ou Adduction) en Eau Potable
ANICT Agence Nationale pour l’Investissement des Collectivités Territoriales
BAD Banque Africaine de Développement
CREE Commission de Régulation de l’Eau et de l’Energie
DNACPN Direction Nationale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances
DNH Direction Nationale de l’Hydraulique
EDM Energie Du Mali (SA)
EIE Etude d’Impact sur l’Environnement
GIRE Gestion Intégrée des Ressources en Eau
MEA Ministère de l’Environnement et de l’Assainissement
MMEE Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau
ONEA Office National de l’Eau et de l’Assainissement
PNAEP Plan National d’Accès à l’Eau Potable
SIGMA Système d’Information et de Gestion des ressources en eau du MAli
"Globalement, les ressources en eau du Mali ne sont pas rares mais difficiles à mobiliser. La ressource en eau renouvelable est estimée à environ 10 000 m3 par an et par habitant. Cette abondance globale cache des disparités assez fortes, entre le Nord et le Sud; mais aussi entre les bassins sédimentaires et les zones de socles où le taux de succès des campagnes de forage peut être très faible. Au Mali, des progrès importants ont été effectués ces dernières années dans la mise en valeur des ressources en eau et l’accès des populations. Malgré de gros efforts en matière d’équipement d’approvisionnement en eau potable, en 2004 plus de 2 226 villages n’avaient pas encore accès à l’eau potable de qualité. Le taux d’accès à l’assainissement reste faible hormis dans les grandes villes et la demande en matière d’assainissement gagnerait à être mieux étudiée.
Une autre caractéristique importante du pays sur le plan de l’usage des ressources en eau est l’importance de l’irrigation (270 000 ha de superficie équipée). En comparaison avec l’irrigation et l’élevage, l’industrie malienne consomme peu d’eau (environ 4 millions de m3 par an), mais constitue en revanche un souci majeur en termes de pollution des milieux aquatiques. Les problèmes environnementaux majeurs liés à l’eau sont la variabilité climatique, la qualité et l’accès."
"La population actuelle du Mali est estimée selon les différentes sources entre 11 et 13 millions. Plus de 80% est concentré sur environ 40% du territoire au Sud du pays. La population est jeune et s’accroît rapidement (selon les estimations entre 2,2% et 2,7% par an). Elle présente une grande mobilité spatiale, notamment en direction des centres urbains qui connaissent une forte croissance (+5% par an). Si cette dynamique se poursuit, il est estimé qu’en 2020, le taux d’urbanisation sera de 44,6% en 2020 contre 24,6% en 1996. "
"La forte croissance démographique amplifiée par la rapide urbanisation non – contrôlée accélère la pression sur les ressources naturelles (terre, végétation naturelle, eau…) surtout dans le voisinage des zones urbaines. S’ajoutent les problèmes environnementaux liés à la concentration urbaine, notamment la pollution de l’air, de l’eau et la gestion des déchets, point déjà critique à Bamako."
"La présence de deux bassins fluviaux et l’étendue du Delta Intérieur du fleuve Niger confèrent au Mali un potentiel hydrique important. Les ressources en eau sont menacées par la dégradation et l’occupation des berges des cours d’eau. La qualité des ressources en eaux de surface et en eaux souterraines est en cours de dégradation à cause surtout de l’activité humaine: activités domestiques, industrielles, minières, agricoles, et dans certains endroits, métaux toxiques et composés chimiques (DDT, lindane); prolifération de végétaux flottants envahissants et problèmes liés à la gestion de pesticides obsolètes (lutte anti-acridienne)."
"La capacité des services de l’Etat en matière de suivi environnemental (y compris le suivi de la qualité des eaux) est extrêmement faible au Mali (manque de matériel, de personnel, de normes etc )."
"L’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement n’est pas encore satisfaisant. Les problèmes d’assainissement se posent
en ce qui concerne l’évacuation des eaux usées, des ordures ménagères, des eaux pluviales et des déchets solides. La pauvreté au Mali s’est accrue de 28% de 1989 à 1998 dont 40% en milieu urbain et 78,3% en milieu rural. Tant que les politiques économiques du Mali resteront focalisées sur l'établissement des équilibres macro-économiques et non sur le développement humain durable, il est peu probable que la pauvreté et les inégalités sociales baissent. La pauvreté est en définitive la cause majeure de la dégradation des ressources naturelles."
"A Bamako les niveaux de pollution de l’air et de l’eau sont de plus en plus élevés et ont des conséquences sur la santé publique."
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"Le cadre institutionnel du secteur de l’eau est caractérisé par plusieurs intervenants. L’ensemble du secteur de l’eau est placé sous la responsabilité de la DNH (MMEE) mais l’assainissement est sous la
responsabilité du MEA. En milieu urbain, il existe un régulateur formel du secteur de l’eau, la CREE,
compétent pour l’eau et l’électricité."
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"Au Mali, des progrès importants ont été effectués ces dernières années dans la mise en valeur des
ressources en eau et l’accès des populations, tant en milieu urbain que rural, à des sources d’eau potable. En effet, entre 1991 et 2002, la proportion de la population rurale ayant accès à une source d’eau meilleure (robinet, borne fontaine, forage, puits à grand diamètre) est passée de 38% à 54,1%; la proportion a été plus importante en milieu urbain car cette valeur est passée de 36% à 83,2% sur la même période (PNUD)."
"Malgré de gros efforts en matière d’équipement d’approvisionnement en eau potable, les besoins
demeurent encore élevés, car lors de la Table Ronde sur le CSLP (30-31 mars 2004 à Genève) il a été
estimé que plus de 2 226 villages n’avaient pas encore accés à l’eau potable de qualité, car dépourvus de points d’eau modernes ; le Mali et ses partenaires au développement se sont engagés à réduire de moitié ce nombre d’ici 2015. Le parc d’équipement d’approvisionnement en eau potable est encore insuffisant, notamment en ce qui concerne les petits réseaux. Il est estimé (Livre Bleu – Sept. 2004) que le taux de couverture effectif est d’environ 60% en dehors du périmètre d’EDM, et 65% dans les villes desservies par EDM. En dehors du périmètre d’EDM, on observe une transition progressive de la demande pour les pompes manuelles vers les petits réseaux de distribution, la demande pour les puits reste également forte.
Dans le périmètre d’EDM, le principal problème est la limite à laquelle EDM est confrontée en termes de production, qui va l’empêcher de répondre à la demande dans les années à venir, alors que plusieurs centaines de milliers de personnes vont s’installer dans les quartiers périphériques des centres urbains (EDM est déjà en sous-capacité sur l’AEP de Bamako). Le taux d’accès à l’assainissement reste faible hormis dans les grandes villes et la demande en matière d’assainissement gagnerait à être mieux étudiée."
"En 2003, lors de l’élaboration un Plan National d’Accès à l’Eau Potable PNAEP pour la période 2004-2015, la base de données des points d’eau a été remise à jour en 2003 et une Carte de l’eau a été élaborée. En plus de l’alimentation en eau potable de la population, une autre caractéristique importante du pays sur le plan de l’usage des ressources en eau est l’importance de l’irrigation (270 000 ha de superficie équipée). Les consommations actuelles du secteur de l’irrigation sont de l’ordre de 5.9 km3/an (soit 90% du prélèvement total) et proviennent en quasi-totalité des ressources en eau de surface et presque entièrement sur une période de 6 mois (1er juin au 31 décembre). L’irrigation des cultures hivernales ne pose généralement pas de problème compte tenu des débits relativement importants des cours d’eau pendant cette période. En revanche, les consommations de contre-saison, bien que faibles, surviennent à une période où les débits des fleuves et les niveaux dans les barrages de retenue sont bas. Ce sont 10 milliards de m3 par an qui sont estimés pour permettre au Mali d’assurer sa sécurité alimentaire à terme. Cette sécurité alimentaire par les cultures irriguées sera de plus en plus difficile à cause de salinisation des terres, phénomène provoqué par des techniques simples d’irrigation, l’extension de l’irrigation sur les sols non adaptés et l’utilisation de l’eau des retenues des barrages."
"En milieu rural, et notamment dans le Nord, l’élevage occupe une place importante et nécessite de mobiliser des dispositifs spécifiques : mares aménagées, puits à grand diamètre…. En comparaison avec l’irrigation et l’élevage, l’industrie malienne consomme peu d’eau (environ 4 millions de m3 par an), mais constitue en revanche un souci majeur en termes de pollution des milieux aquatiques."
"Notons aussi le très fort potentiel hydroélectrique du Mali, complètement sous-utilisé (moins de 1% de
l’énergie consommée)"
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"Les problèmes environnementaux majeurs liés à l’eau sont la variabilité climatique, la qualité et l’accès.
Selon les différentes études et enquêtes effectuées au Mali uniquement 15,7 % - 55,3 % de la population en milieu rural ont accès à l’eau potable. Pour le milieu urbain les chiffres varient entre 43,8% et 86,6 %."
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"Malgré les efforts récents relatifs à l’adduction d’eau potable, la qualité de l’eau est souvent au-dessous des normes de l’OMS. A certains endroits, l’eau utilisée pour l’alimentation est polluée par des éléments chimiques et bactériologiques provoquant des maladies (choléra, diarrhées…). Dans les centres urbains, une augmentation des maladies pulmonaires est constatée, mais il n’existe pas de statistiques précises des maladies liées à la pollution de l’air."
"L’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement, bien qu’en hausse, n’est pas encore
satisfaisant. Selon différentes études et enquêtes effectuées, uniquement 15,7% - 55,3% de la population a accès à l’eau potable en milieu rural et entre 43,8% et 86,6%. en milieu urbain. Les problèmes d’assainissement se posent en ce qui concerne l’évacuation des eaux usées, des ordures ménagères, des eaux pluviales et des déchets solides. Dans les villes, les caniveaux sont généralement à ciel ouvert et reçoivent directement des eaux des fosses septiques. Les eaux d'égouts sont mal drainées et leur stagnation favorise le développement des parasites."
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"Pour l’adduction en eau potable, pour les villes situées dans le périmètre d’EDM (population estimée à 2,2 millions d’habitants, dont 1,3 million à Bamako) le taux de desserte AEP actuel est estimé être de 65,7%. En ce qui concerne les petites villes, le Mali se distingue par une des initiatives les plus innovantes en Afrique de l’Ouest, une cellule de suivi des AEP rémunérée sur les ventes d’eau, qui a permis d’améliorer la qualité du service de l’eau dans une soixantaine de centres. En milieu urbain, il existe un régulateur formel du secteur de l’eau, la CREE, compétent pour l’eau et l’électricité, mis en place dans la foulée de la privatisation d’EDM (Energie du Mali) en 2000. Son rôle reste à cadrer et une culture de négociation est encore à promouvoir."
"La mauvaise gestion des eaux usées a des conséquences sur l’environnement et la santé humaine.
Mauvaise gestion et déversement des eaux usées et des déchets urbains dans des ouvrages d’assainissement mal conçus ou bloqués contaminent eaux de surface et eaux souterraines, inondent les villes, dégradent des espaces, dégagent de mauvaises odeurs, détruisent les frayères, colmatent le lit des cours d’eau, obstruent les bronches des poissons, ont un effet nuisible sur les micro-organismes et augmentent la prévalence de maladies. Dans l’étude de la conception des dossiers d’urbanisation des centres urbains, l’assainissement est pris en compte par l’identification et l’allocation d’espaces destinés aux ouvrages d’assainissement. Les EIE prévues par la loi 01-020 du 30 mai 2001 relative aux pollutions et nuisances identifient l’ensemble des effets négatifs de l’urbanisation sur l’environnement et permettent de prévoir les mesures compensatoires, mais celles-ci ne sont pas totalement prises en compte actuellement."
"En général, il n’existe pas de structure de contrôle des déchets industriels. Quelques stations d’épuration des eaux usées industrielles (5) existent mais ne sont pas utilisées à cause de leur coût de fonctionnement jugé élevé. Le mode actuel de gestion des déchets industriels constitue la principale source de pollution de l’eau du fleuve Niger, de l’air et même des sols. L’installation de technologies moins polluantes et du traitement des eaux usées sont nécessaires notamment à Bamako."
"La prolifération des matériels et emballages en plastique engendre une quantité importante de déchets et les centres urbains connaissent de sérieux problèmes dans la gestion des déchets solides : la production journalière totale est d’environ 2800 m3 pour les villes de Bamako, Kayes, Sikasso, Ségou et Gao. Le taux d’enlèvement des déchets est faible (notamment à Sikasso) : environ 40% des déchets sont évacués vers les dépotoirs finaux. Environ 20 à 30% des déchets sont valorisés (compostage…). La récupération des déchets plastique et leur recyclage posent de sérieux problèmes par manque de technologie sur place. Moins de 10% des déchets plastique sont recyclés. Une grande partie des sacs plastique sont entraînés par le vent à l’extérieur des villes vers les zones rurales et environ 30% sont ingérés par le bétail, causant leur mort et une menace pour le cheptel."
"La combustion incomplète et incontrôlée des déchets solides y compris les déchets plastique et industriels à laquelle s’ajoutent les émanations du bois de chauffe, des usines (surtout celles utilisant des combustibles fossiles) et des véhicules à moteur (souvent vieux) dans les centres urbains est à l’origine de la pollution de l’air environnant: particules solides, dioxyde de soufre, oxyde d’azote, hydrocarbures et autres gaz délétères, chlorures de polyvinyle, acide chlorhydrique. Cette pollution existe particulièrement à Bamako où les niveaux de pollution de l’air sont de plus en plus élevés et ont des conséquences sur la santé publique (notamment augmentation des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) basses)."
"Au niveau des communes, il est constaté que les maires ne disposent pas de moyens ni de l’ensemble des capacités techniques pour faire face aux nombreux problèmes relatifs à l’urbanisation des centres urbains. Malgré une législation dense pour protéger l’environnement et le cadre de vie, les réglementations font l’objet de violations, soit par méconnaissance, soit par manque de volonté ou pour la recherche de fonds en vue d’alimenter les budgets de fonctionnement des communes."
"Les insuffisances dans l’urbanisation des centres urbains posent les problèmes environnementaux suivants :
• opérations de lotissement sans viabilisation ni prise en compte de l’environnement (EIE) ou absorption
des villages environnants qui sont transformés en quartiers sans réhabilitation,
• insuffisance ou même absence d’infrastructures urbaines de base avec une faible prise en compte de
l’assainissement (caniveaux, collecteurs et réseaux d’égouts, stations de traitement, gestion des gadoues,
décharges de déchets solides…) entraînant stagnation des eaux usées et infiltration, pollution des
ressources en eau et multiplication des vecteurs de maladies (rats, mouches, souris, moustiques…)
• défaillance ou insuffisance de l’entretien des infrastructures existantes (curage, …) entravant le bon
écoulement des eaux pluviales (risque d’inondations…)
• accroissement du transport urbain et des déplacements,
• occupation illicite des places publiques, espaces verts et bas fonds qui sont transformés en dépôts
d’ordures parfois difficilement accessibles par les véhicules de collecte des déchets – cependant, à
Bamako 70 dépôts anarchiques ont été supprimés de juillet 2004 à juin 2005 et 80% de ces zones ont été
régénérées en habitations, commerces, espaces verts…
• non-respect des normes dans la mise en place des ouvrages d’assainissement individuels (puisards,
latrines, fosses septiques…) entraînant la pollution des ressources en eau,
• insuffisance des opérations de fumigation et de délarvation."
"Globalement, on constate une détérioration progressive du cadre et de la qualité de vie en milieu urbain due à l’action anthropique avec des conséquences négatives sur la santé et le bien être des populations (développement de l’habitat précaire, problèmes d’hygiène et d’insalubrité liés notamment à la prolifération des déchets solides et liquides, la pollution des eaux et de l’air, nuisances sonores…)."
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"Stratégie actuelle (Sept 2004) dans le secteur de l’eau :
En plus des éléments de politique mis en place
depuis plus de 10 ans (dont un Code de l’eau), l’élément central de la stratégie actuelle est le PNAE,
élaboré à partir de 2003, et accompagné en 2004 d’une « Initiative pour l’accès à l’eau » fortement inspirée
par la BAD. Cette initiative se veut un cadre fédérateur à l’échelle du secteur et constitue indéniablement
une démarche à soutenir, à la condition qu’elle se fasse de manière concertée, et que les moyens à mettre
en oeuvre soient chiffrés de manière réaliste.
• PNAE: Plan National d’Accès à l’Eau : photographie récente et réaliste de la situation en termes
d’ouvrages (forages, puits modernes, bonnes fontaines). L’orientation «politique» du PNAE d’équiper tous
les villages d’un point d’eau (en plus de la règle d’un point d’eau pour 400 habitants) doit être passée au
crible d’une véritable analyse coût-bénéfice, y compris concernant les impacts sanitaires.
• L’orientation de la politique nationale est d’équiper tous les villages d’un forage équipé d’un contre-puits,
l’argument étant que cela peut constituer une réponse à l’incapacité chronique d’assurer la maintenance
dans les villages de petite taille. C’est une proposition intéressante, notamment dans les zones d’élevage
où la demande en puits/contre-puits est probablement forte. Cette orientation devra cependant être
confrontée aux données issues d’une véritable analyse de la demande et d’un suivi dans le temps des
performances de la gestion des ouvrages mis en place en milieu rural.
• Le Mali a fait l’option de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) comme approche de gestion
durable de ses ressources en eau. A cet effet, une étude diagnostique a été réalisée en 2001, ses
conclusions ont été adoptées par le Gouvernement en juillet 2002 et il a été demandé au Ministère en
charge de l’eau d’élaborer les éléments d’une politique de gestion intégrée des ressources en eau en
veillant à y associer tous les acteurs du secteur (population, collectivités, usagers et professionnels).
L’élaboration et la mise en oeuvre d’un plan d’action GIRE font partie intégrante du programme
gouvernemental d’activités notamment pour 2004-2007. Ainsi, un projet d’élaboration du Plan d’Action
National de la GIRE a été mis en place avec l’objectif global de contribuer à l’amélioration de la gestion
durable des ressources en eau, conformément aux orientations définies par le Gouvernement et sur le
plan international. Les principales étapes envisagées pour 2006-2007 comprennent notamment la
soumission du document de politique nationale de l’eau à l’approbation des autorités, l’élaboration et la
validation d’un plan d’action GIRE, la validation du projet de plan d’action GIRE par les acteurs, la
soumission de ce plan à l’approbation des autorités et l’organisation d’une concertation avec les
partenaires pour le financement du plan (prévue pour mars 2007)."
pp.34/111
"Lois relatives au secteur de l'eau.
Loi N° 2-006 du 31 janvier 2002 portant sur le Code de l’eau et qui crée les Comités de bassins et de
sous-bassins (Comité du Bassin du Niger Supérieur et création de l’Agence du Bassin du Fleuve Niger
(ABFN), organe consultatif et de coordination sous tutelle du MEA)
Décret n°95 – 447/PM-RM du 27 décembre 1995 portant création d’un comité de coordination du
secteur Eau et Assainissement
Décrets N°01-395/P-RM, N°01-394/P-RM et N° 01-396/P-RM du 06 septembre 2001 fixant les modalités de gestion des eaux usées, des gadoues, les modalités de gestion des déchets solides et les modalités de gestion des pollutions.
Code de l’eau"
pp.35-37/111
"Le cadre institutionnel du secteur de l’eau au Mali est caractérisé par plusieurs intervenants :
• Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau (MMEE), qui assure la tutelle actuelle du secteur de l’eau
et est chargé d’élaborer la politique nationale de l’eau (études, gestion, mobilisation, mise en valeur,
législation sur l’utilisation)
• Direction Nationale de l’Hydraulique, qui met en oeuvre les attributions du Département chargé de l’eau
et est chargée d’élaborer les éléments de la politique nationale de l’eau au Mali (MMEE);
• Services régionaux et sub-régionaux de l’hydraulique et de l’énergie (neuf Directions Régionales de
l’Hydraulique et de l’Energie existent et des services sub-régionaux sont en cours d’installation) (MMEE);
• Ministère de l’Environnement et de l’Assainissement, qui est en charge de la protection des ressources
en eau (MEA);
• Direction Nationale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et Nuisances, qui est en charge
de l’assainissement (MEA);
• Agence du Bassin du fleuve Niger, dont la mission est la sauvegarde du fleuve Niger (MEA);
• Communautés villageoises, (Comités de gestion de points d'eau, Associations d'usagers etc…) ;
• Collectivités Territoriales, qui sont responsables de l’accès à l’eau potable de leurs populations (MACTL);
• Structures d'exécution des travaux (secteur privé). Le désengagement de l’Etat du rôle d’exécution au
profit du secteur privé a permis l’émergence de nombreuses sociétés d’études et de travaux. La gestion
du service public de l’eau potable est également privatisée par la loi.
L’ensemble du secteur de l’eau est placé sous la responsabilité de la DNH (MMEE), qui met également en oeuvre les projets en dehors du périmètre d’EDM, acteur de référence de l’hydraulique urbaine. EDM, ancienne entreprise publique d’eau et d’électricité, a été privatisée fin 2000, et un contrat de concession de 20 ans a été signé avec l’Etat malien. EDM est confrontée à l’importance de l’investissement à mobiliser, mais aussi à deux baisses de tarif décidées de manière unilatérale par le gouvernement malien. Ces deux éléments mettent en péril l’équilibre et la crédibilité du contrat. Au niveau local, le nouvel acteur de référence est la commune, qui dispose de compétences assez larges en matière d’eau et d’assainissement, même si les capacités restent encore à construire."
"En milieu urbain, il existe un régulateur formel du secteur de l’eau, la CREE, compétent pour l’eau et
l’électricité, et mis en place dans la foulée de la privatisation d’EDM en 2000."
pp.41-42/111
"Financement du secteur de l’eau:
Hormis les projets conduits par la DNH sur financements internationaux, il n’existe pas beaucoup d’outils de financement décentralisé au Mali. Les communes ont accès aux financements de l’ANICT, qui consacre environ 10% de ses fonds aux projets eau et assainissement (pompes manuelles et puits à grand diamètre). Le Mali est indéniablement un pays dynamique dans le secteur de l’eau et de l’assainissement avec de nombreux atouts qui peuvent être mis en avant. Les défis à relever par le Mali pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement sont :
• Poursuivre le transfert effectif de compétences vers les jeunes communes;
• Accélérer les procédures de mise en oeuvre des projets;
• Passer d’une logique de « plan directeur » à une approche programmatique (sur le modèle de ce qui
est actuellement promu au Bénin);
• Réduire les coûts unitaires d’accès par usager et mettre en place un suivi par indicateur permettant de
mesurer et comparer les performances;
• Renforcer les capacités, au niveau central mais aussi dans les communes;
• Continuer le processus de démocratisation des mini-réseaux AEP et généraliser le suivi technique et
financier de ces AEP par un opérateur indépendant;
• Développer la desserte dans les quartiers périphériques (non lotis) de Bamako;
• Développer une politique et des actions en matière d’assainissement."
pp.46/111
"Conclusions et recommandations :
« Mettre progressivement en application un système de redevance (et de pénalités le cas échéant) suivant le principe ‘pollueur = payeur’ surtout dans les grands villes en commençant par les industries et les grands pollueurs. Ce système permettra de financer des actions urgentes à mettre en place dans les centres urbains telles que: construction et entretien de stations d’épuration des eaux, entretien et curage des réseaux d’assainissement, la collecte organisée et le recyclage des déchets industriels, hospitaliers et domestiques ainsi que le stockage des déchets ultimes. (conclusions 1, 2, 3) (code 1)
Contraintes :
la faible position et les capacités réduites du MEA par rapport aux autres ministères
le manque de volonté politique »"
p.55/111
Consultez plus particulièrement la matrice des donneurs pp.72/111 concernant les bailleurs de fonds institutionnels et les projets financés (par secteurs).
Source : http://ec.europa.eu/development/icenter/repository/Mali_CEP_2006.pdf